mardi 22 avril 2014

La révolution normale n'a pas eu lieu

C'est en cirant mes chaussures après avoir marché dans la boue que j'ai eu ma révélation : la présidence normale n'existe pas. Je n'en veux pas à François Hollande, dit "pépère" par certains de mes colocataires des blogs. Mais François a échoué dans sa présidence normale.

On peut se moquer de la présence d'un cireur de chaussures dans un salon privatisé au sein de la présidence de la République. On peut plus sérieusement se demander comment on a pu laisser faire cela. Pépère n'est pas le concierge de l'Elysée. Il n'a pas vocation à filtrer les entrées au palais. Mais le signal envoyé aux français est ahurissant.

Le gouvernement demande 50 milliards d'euros d'économie supplémentaire. Et en même temps nos élites semblent ignorer le soucis quotidien de leurs compatriotes. Pire, les images d'un cireur de chaussures de collaborateurs vient rappeler qu'une certaine aristocratie existe toujours.

dimanche 20 avril 2014

Intussusception nantaise avortée

Les conquérants
Les Bretons ont défilé ce samedi après-midi.

Encore...
Certains portaient même des bonnets rouges, avec ce soleil. On espère qu'ils ont pensé à s'hydrater. 

Sincèrement on peut plaindre les autres régions de notre pays. La Bretagne fait encore parler d'elle. Un coup, pleureuse avec son écotaxe, une fois rieuse avec sa finale de ballon rond, et hier grincheuse avec sa "Réunification".

Entre nous, vous imaginez quelqu'un débarquer chez vous en vous annonçant que vous êtes frère ou sœur et que l'on va immédiatement habiter ensemble... C'est ce que font ces gentils militants de la cause en débarquant régulièrement à Nantes. 7000 ou 15000 manifestants dont la belle brochette sur la photo. L'accueil des nantais ne pouvait être que frisquet.

Ses démocrates breizhoux n'ont pas les moyens d'un Poutine en Crimée. L'annexion à coup de bombarde ne fait pas rire non plus.

C'est qu'on apprend que les disoux et les contoux d'hier ne veulent pas d'une grande région ouest. Ils veulent rester entre eux mais avec la Loire-Atlantique au nom de l'histoire, mais sans le sens commun. 

mardi 8 avril 2014

Valls 1 - Département 0

Manuel Valls, premier ministre, a parlé. Vous verrez cela dans les journaux télévisés.

En tant qu'élu local (je sais...), je m'interroge sur l'avenir des collectivités locales telles que l'on a pu l'entendre dans le discours de politique générale de Manuel Valls. Lors de la dernière campagne, en arpentant les rues et les hameaux, les habitants m'ont confirmé l'importance qu'ils accordaient aux décisions prises localement. Et du coup avec l'intervention du premier ministre, je m'interroge sur la façon dont on pourra conserver une relation de proximité avec les habitants de ce pays.
Nos régions doivent disposer d’une taille critique. Ainsi elles auront tous les leviers, toutes les compétences, pour accompagner la croissance des entreprises et encourager les initiatives locales. Je propose de réduire de moitié le nombre de régions dans l’hexagone. Manuel Valls, 08 avril 2014
Si on arrive à dépasser les clivages partisans et les frictions régionales, on va créer des super-régions. Restera à définir les compétences de celles-ci (transport, lycées, contrat de plan, entreprises, développement durable) et sans doute ajouter de nouveaux transfert de gestion, comme le social.
... mon dernier objectif est d’engager le débat sur l’avenir des conseils départementaux. Je vous propose leur suppression à l’horizon 2021. Je mesure l’ampleur de ce changement. Il nous faudra notamment répondre au sentiment d’abandon qui existe dans nos départements et territoires ruraux. Ce changement donnera lieu à un profond débat dans le pays qui associera les élus et les citoyens. Mais il est désormais temps de passer des intentions aux actes. Manuel Valls, 08 avril 2014
C'est donc pour beaucoup le fameux maillon de trop. Et pourtant les départements sont un acteur important des territoires ruraux. Pourvoyeur de subventions, grand aménageur des paysages, acteur majeur du traitement social, c'est après la commune, l'institution locale qui est la plus proche des habitants de ce pays. 

Communes, communautés de communes, super-région, Etat. La crainte de voir les centres décisionnaires s'éloigner est réelle. En effet il ne serait pas idiot de favoriser les grands ensembles et donc les électeurs de ceux-ci. Quel serait le poids des anciens départements comme le Finistère ou les Côtes d'Armor devant des poids lourds regroupant les métropoles de Rennes et de Nantes ?

Cette réforme est pourtant nécessaire afin de clarifier les compétences et d'empêcher l’enchevêtrement inutile de mêmes services, coûteux en administration. En définitif, l'avenir des communes rurales est au sein des communautés de communes. Mais ça, on le savait déjà.

crédit Métronews
Maintenant petite devinette : qui a dit "« nous souffrons tous de l’empilement et de l’enchevêtrement des compétences. C’est du temps perdu pour dégager des compromis. Ce sont des coûts supplémentaires pour monter des dossiers, poursuivre des procédures, pour faire émerger les projets. Nous devons tous ensemble regarder comment mieux articuler les différents niveaux de compétence. En tout état de cause, le statu quo est impossible. » François Fillon, congrès des maires 2007.

Tant de temps perdu !

mardi 1 avril 2014

La politique et les cartons

Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault fait ses cartons.
Le maire d'Aulnay Sous Bois Gérard Ségura fait ses cartons.
J'avais déjà fait les miens depuis quelques temps.

Les français ont tranché dans le vif. Le socialisme municipal a subi une défaite sévère, sans appel et à la mesure de la désaffection de la population française sur la présidence de François Hollande.

Vous ne lirez pas ici de retournement de veste. Vous ne lirez pas ici un nouveau commentaire d'un palabreur qui se croit avisé de faire savoir au monde entier combien son avis est important. Quand on suit la politique depuis si longtemps, on a déjà appris que les victoires sont suivies de désillusions et qu'il ne sert à rien de chercher de fausses excuses.

Manuel Valls a toute ma confiance. Jean-Marc Ayrault a toute ma sympathie.