Au fil du temps, c'est devenu une habitude.
Pendant les repas de famille en province, dans les discussions avec les collègues, et dans les débats agités de ma blogosphère, ma banlieue est toujours invitée. Il faut dire que l'on connait depuis longtemps cette banlieue. La mienne a un nom le 93. Son petit nom est Aulnay Sous Bois.
Ma banlieue est diverse, complexe. Elle est faîte de rire et de chants. Elle est faîte de pleurs et de sang. De mon jardin, les émeutes n'ont été qu'un bourdonnement lointain d'un hélicoptère. Alors bien sûr comme chacun devant son journal télévisé on devine le quotidien des gens coincés dans les barres d'HLM. On voit les constructions neuves qui remplacent les vieux immeubles. On voit aussi les traces du passé qui s'effacent. Des ruines disparaissent, des fast-food ouvrent, et les petits esprits se plaignent de la médiocrité des nouveaux services. Ce sont les mêmes qui iront se payer un voyage low-cost ou une voiture Dacia.
Ma banlieue est une inconnue malgré ses dix années passées.
